
Le 9 et 10 juin, le Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centr’ERE) de l’Université du Québec à Montréal, organise les Journées d’étude Repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement dans le contexte socio-écologique contemporain.
Les déséquilibres socio-écologiques actuels exigent une éducation qui accompagne le développement d’une citoyenneté critique et créative. Dans un contexte de crises multiples et de dérives autoritaires, il est crucial de repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement (ERE) et d’explorer des pratiques pédagogiques émancipatrices, notamment en milieux non formels.
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Les nombreuses questions d’ordres éthique, épistémologique et ontologique soulevées par les déséquilibres socio-écologiques actuels devraient, plus que jamais, interpeller le monde de l’éducation. En cette ère inouïe (Deneault, 2024), comment accompagner – à l’école, à l’université, dans les espaces d’organisation communautaire et de médiation culturelle – l’exercice d’une citoyenneté attentive, responsable, critique et créative, à même de transformer les rapports délétères à l’environnement, aux autres humains et aux autres qu’humains ? Comment habiter le trouble actuel (Haraway, 2017), en ouvrant de manière inventive et par l’éducation, de nouvelles possibilités de cohabitations ?
En 2011, la revue Éducation relative à l’environnement: Regards – Recherches – Réflexions publiait un volume explorant la dimension politique de cet axe de la formation fondamentale. Mohammed Taleb y formulait une mise en garde « concernant le risque que pourrait représenter une articulation entre politique et ERE qui ne prendrait pas en compte l’exigence philosophique ». Le texte réagissait notamment à l’hégémonie annoncée de l’éducation au développement durable et de l’idéologie capitaliste dont cette éducation n’est jamais parvenue à s’affranchir même à ce jour. Depuis, l’éducation à l’Anthropocène (ou en contexte d’anthropocène) ; l’éducation à, vers ou pour la transition énergétique, écologique, socio-écologique ou juste ; l’éducation à la citoyenneté mondiale ou à l’écocitoyenneté ne sont que quelques exemples de propositions éducatives ayant émergé et reposant sur différentes philosophies du politique plus ou moins explicitées. La diversité axiologique de ces propositions nous rappelle l’importance des exercices de clarification qui nous permettent de saisir les contributions et les limites respectives de pistes éducatives souvent confondues ou amalgamées. Ainsi est-il toujours d’actualité de nous interroger à propos des fondements sur lesquels reposent les politiques, les programmes et les projets qui concernent l’éducation relative aux réalités socio-écologiques contemporaines. Autrement dit, comment composer avec les risques pédagogiques et sociaux inhérents à ces choix éducatifs, « risques à prendre et à baliser, afin de ne pas enliser la dynamique éducative dans les lieux communs de la reproduction sociale » (Sauvé, 2011) ?
Par ailleurs, un recul démocratique s’observe à l’échelle mondiale et, avec la transformation politique en cours depuis janvier dernier aux États-Unis, la concentration des pouvoirs et l’autoritarisme semblent connaître une accélération qu’il est possible de qualifier d’historique. La proximité de plus en plus décomplexée des milliardaires et géants corporatifs du numérique avec ce régime amène en effet certains à annoncer l’avènement d’un techno-fascisme (Folco, 2025), donnant suite au techno-féodalisme décrit plus tôt par Varoufakis (2021) et Durand (2023). Les transformations récentes ont déjà des conséquences dans les milieux de la recherche, de l’éducation et de l’action publique, où ce nouvel interventionnisme ampute grandement les libertés académiques et professionnelles. On mentionnera seulement à titre d’exemples les impacts avérés et appréhendés en sciences de l’environnement, en sciences politiques, et en enseignement, mais on pourrait bien sûr et fort malheureusement allonger cette liste. En effet, la marée montante de la censure sévit sur une étendue toujours plus vaste de pratiques, de champs disciplinaires et de modes de production de savoirs. Elle projette du même coup une onde de choc puissante contre la diversité épistémologique en enseignement et en recherche. Dans ce contexte, quels efforts sommes-nous amenés à déployer pour réfléchir ensemble nos rapports personnels et collectifs au politique, au savoir et à l’environnement ?
Quelles seront les répercussions de cette nouvelle ère politique sur les mouvements écologistes, qui figurent déjà parmi les groupes les plus surveillés (Berglund et coll. 2024), et ce, au moyen d’outils dits de plus en plus « intelligents » ? Comment l’ERE est-elle interpellée face à ces transformations historiques et, réciproquement, comment celles-ci affectent-elles les pratiques de l’ERE, notamment en milieux non-formels et informels ? Face aux discours et aux manœuvres de division et d’accaparement (des ressources, des terres, des corps, de l’attention, etc.) qui prennent actuellement une ampleur déconcertante, comment donner le goût de la résistance et soutenir l’initiative écocitoyenne ? Quels ancrages les pédagogies critiques et les éducations décoloniales, au soin et au sensible offrent-elles pour repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement ? Quels défis et quelles perspectives les relations aux environnements numériques et les rapports de pouvoir qu’ils induisent représentent-ils pour l’éducation relative à l’écocitoyenneté ?
Ces journées d’étude visent ainsi à examiner les défis éducatifs et les voies d’apprentissage et de praxis que soulèvent les polycrises contemporaines. Elles proposeront des conférences, un séminaire, des tables rondes, des discussions et une performance artistique, toutes invitant « à entendre, à voir, [et] à dire ce qui se produit » (Deneault, 2024) pour mieux y intervenir.
En présence et en ligne
Salle de la didacthèque, Pavillon Thérèse-Casgrain (W), au local W-1011. Accessible par la bibliothèque centrale. Lien vers Plan interactif du campus
Inscription requise
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⚠️ Information transport
En raison de la grève annoncée à la STM à partir du 9 juin, se rendre à l’UQAM pourrait être un peu plus difficile durant les Journées d’étude sur les dimensions politiques de l’ERE. C’est l’occasion idéale pour opter des alternatives comme la marche ou le vélo!
PROGRAMMATION :
Lundi le 9 juin 2025
8h30 – Accueil des participant·e·s
Café, thé et viennoiseries
9h00 – Mot de bienvenue
Lucie Sauvé, professeure émérite au département de didactique de l’UQAM, chercheure émérite au Centr’ERE
Lire le mot de bienvenue
« Ces journées d’études sur les différentes façons de déployer la dimension politique de notre action éducative sont vraiment bienvenues. On a certes besoin de se retrouver ensemble pour mieux nous situer dans ce monde en basculement, pour mieux saisir le sens de notre responsabilité en recherche et en formation. Recherche et formation sont en effet d’importantes formes d’action sociale.
On le sait trop : ce qui se passe en ce moment est ahurissant; on manque de mots pour en parler. C’est une érosion des fondements déjà fragiles de notre humanité. C’est la déliquescence, la chute des garde-fous (au sens propre comme au sens figuré!). Naomi Klein explicitait bien cette Stratégie du choc qui nous secoue. C’est la déferlante d’une culture économique débridée, dévoyée, à laquelle on consent trop volontiers. Nos décideurs s’affairent à contourner ou à « moderniser » les lois pour favoriser une compétitivité durable.
Entre autres, nos forêts vivantes au Québec – comme ailleurs – sont devenues ce qu’on appelle maintenant des « écosystèmes économiques », des « environnements d’affaire », selon le nouveau Régime forestier du Québec. Le fleuve Saint-Laurent – notre artère vivante – se voit réduit à un couloir de conteneurs, ce qui commande l’aménagement de nouveaux ports de transit : notre ministre des Transports affirmait récemment qu’il faut stimuler « la compétitivité du fleuve » pour transporter encore davantage de marchandises. Et puis maintenant, on cède même le vent et nos territoires à l’industrie éolienne qui accapare au privé ce bien commun qu’est l’énergie. Tout cela, sans plan global et explicite de développement économique et social, et dans un contexte où se désagrège la démocratie – à coups de lois bâillons par exemple, comme on l’a vu entre autres récemment.
Et puis évidemment, en toile de fond, il y a toutes ces crises majeures à l’échelle internationale où les règles de droit sont piétinées. C’est l’humanité elle-même qui est assassinée à Gaza et dans toutes les guerres. Et c’est dans ce contexte-là qu’évoluent entre autres les enfants, les jeunes, au cœur de nos sociétés désarçonnées.
Heureusement, à travers cette vaste mouvance délétère, on peut repérer des ilots de résistance, des mobilisations citoyennes souvent bien courageuses, qu’il nous faut célébrer parce qu’elles invitent à ne pas baisser les bras. Depuis longtemps et partout sur les territoires, il y a des groupes mobilisés à la défense du vivant et de la justice écologique – des groupes en lutte ou des groupes qui s’engagent à inventer d’autres façons de vivre ici ensemble. Et on peut observer que ces mobilisations-là deviennent d’importants creusets d’apprentissage et de transformation sociale.
En particulier, dans le contexte politico-économique actuel, où on a perdu confiance en nos décideurs et où il faut se battre pour sauvegarder la démocratie – ce qui en reste -, on apprend que finalement, c’est à nous, citoyens, citoyennes, que revient la tâche – très lourde – d’exercer une vigile critique sur les décisions relatives aux affaires publiques, au « commun », à ce qui nous concerne tous. On apprend que si on ne le fait pas, personne ne va le faire.
On se rend compte que c’est à nous d’enquêter, de lutter « contre » ou « pour » – à contre-courant et souvent à bout de souffle. C’est à nous, citoyens, citoyennes, que revient finalement le fardeau de la preuve et de l’auto-défense pour la préservation de l’intégrité de nos milieux de vie et la justice écologique.
Au cœur de l’action citoyenne, on apprend donc le sens premier du mot « politique » : s’occuper ensemble des choses qui nous concernent tous et toutes. On apprend que la « vraie » politique est une affaire collective, qu’elle se joue ici, maintenant et entre nous, dans nos milieux de vie de proximité, au sein des territoires partagés. On apprend à s’approprier la « chose publique », à poser des questions et à exiger des réponses valides, à construire un savoir pertinent en contexte, à développer un argumentaire, à construire des plaidoyers. On apprend l’engagement, la collaboration, l’entr’aide. On apprend à « Faire que » pour reprendre le titre d’un récent ouvrage d’Alain Deneault. Et puis, bien entendu, on apprend que tout cela n’est vraiment pas facile.
Globalement, on se rend compte que l’une des fonctions de toutes ces mobilisations, c’est de suppléer à l’inaction ou à l’incompétence des décideurs. Il nous faut aussi tenter de combler les failles de la démocratie. L’engagement citoyen supplée au déficit démocratique. Alors on apprend à vivre une démocratie active. On constate que les mobilisations citoyennes, qu’elles parviennent ou non à résoudre un problème – et elle y parviennent souvent -, ont bel et bien une fonction de développement social. Et c’est pour cela qu’il faut s’y attarder dans le champ de l’éducation.
En particulier, la dynamique d’apprentissage dans l’action sociale interpelle nos systèmes d’éducation. Au sein des groupes citoyens mobilisés, on apprend « à la dure », au front de l’action, dans l’urgence, souvent en manque de moyens et parfois à risque. Or l’éducation formelle peut jouer ici un rôle majeur pour soutenir l’émergence d’une citoyenneté consciente, informée, critique, compétente, bienveillante, désireuse et capable de se mobiliser, et efficace dans l’action. L’école, le collège et l’université y sont appelés au premier plan.
Et cela répond d’ailleurs à la demande des jeunes qui se sont admirablement exprimés à ce sujet. Les jeunes ne sont pas des « futurs citoyens », en attente de la « vraie vie ». Ils sont déjà citoyens de leur monde. Il faut les accompagner dans l’émergence de leur identité citoyenne et plus encore, d’une identité écocitoyenne, capable d’engagement.
« L’éducation est politique tant par ce qu’elle fait que par ce qu’elle ne fait pas. », comme l’a si bien souligné David Orr. Et en particulier, l’éducation relative à l’environnement (ERE) a un rôle de premier plan à jouer parce que ces sont les fondements mêmes de la vie qui sont actuellement en jeu. Plus que jamais l’ERE – qu’il faut intégrer de façon transversale à toute la dynamique éducative – doit assumer une fonction politique. Il faut s’engager à promouvoir une pédagogie de l’engagement, une pédagogie de l’immersion, de l’expérience réflexive, de l’enquête, du débat, du dialogue, du projet collectif… Une pédagogie qui assume toute sa fonction éthique, sa fonction critique et sa fonction heuristique aussi, pour inventer ensemble d’autres façons de se relier au monde, ici, maintenant.
Et nous, éducateurs, formateurs, chercheurs, on peut y parvenir en travaillant ensemble. Le rapport à l’environnement est un chantier de transformation qui ne peut être que collectif. C’est exigeant, évidemment. On se retrouve ici en porte-à-faux avec la culture scolaire dominante, qui traduit d’ailleurs la culture sociétale ambiante. Et puis, l’école accueille tous les problèmes qui germent dans une société, ce qui appelle à assumer de très (trop) lourdes responsabilités. Mais l’école accueille aussi tous les talents.
C’est pourquoi, quand on parle de la dimension politique de l’ERE, on fait référence non seulement aux approches pédagogiques à promouvoir mais aussi à tout le champ des politiques publiques en éducation. Celles-ci doivent favoriser le plein déploiement de l’acte éducatif, intégrant entre elles les trois sphères d’interactions à la base du développement intégral de l’enfant, du jeune : les sphères du rapport à soi, du rapport à l’autre humain et du rapport au monde vivant. Sans une telle intégration, sans la prise en compte de la sphère du rapport à l’environnement, l’éducation reste tronquée et nous formons des êtres inachevés.
En fin de journée, on pourra justement s’y attarder avec la rencontre de la Coalition Éducation, Environnement, Écocitoyenneté qui s’est mise en place pour promouvoir le développement d’une politique publique d’éducation relative à l’environnement axée sur une Stratégie québécoise d’éducation relative à l’environnement – Vers une écocitoyenneté.
Alors allons-y maintenant avec ce magnifique programme qui nous attend. J’aurai donc l’honneur et le plaisir de vous accompagner tout au long de la journée. Je m’occuperai d’introduire les différentes activités et d’animer le moment d’échange et de discussion en fin de journée.
Il me tient à cœur d’apprendre avec vous ! »
Lucie Sauvé
Juin 2025
9h15 – Conférence d’ouverture Sortir des oxymores pour sortir de l’écoangoisse
Alain Deneault, professeur de philosophie et de sociologie à l’Université de Moncton
Résumé de la conférence
Bien des discours qui se réclament de l’écologie donnent dans une terminologie trompeuse qui interdit de prendre la mesure des enjeux. C’est l’ère des oxymore ! Le capitalisme vert, la transition énergétique et surtout le sophistique développement durable viennent polluer les esprits. Comment revenir à des définitions et à des termes qui nous permettent de prendre la mesure des enjeux, de manière lucide et résolue ?
10h45 – Pause
11h00 – Présentation de Josée Courtemanche, artiste invitée
11h15 – Séminaire L’expérience sensible: creuset d’une éducation au politique?
Mélanie Champoux, professeure au département de didactique de l’UQAM, en éducation relative à l’environnement (UQAM) et doctorante en éducation à l’Université de Sherbrooke, chercheure régulière au Centr’ERE
Maxime Fecteau, doctorant en études littéraires à l’UQAM
Alexandra Guité, doctorante en philosophie à l’Université de Montréal et professeure de philosophie, au Cégep de Rosemont
Aurélie Zwang, maîtresse de conférences en sciences de l’éducation à la faculté des sciences de l’Université de Montpellier, chercheuse associée au Centr’ERE
Résumé du séminaire
Ce séminaire a pour objet d’interroger le lien entre le sensible et le politique en ERE du point de vue théorique et pratique. En adoptant une épistémologie des savoirs situés, il s’agira de partager quatre récits ancrés dans une démarche réflexive, chacun portant sur une expérience vécue en tant qu’éduqué·e ou éducateur·ice, où la question du sensible – par sa présence ou son absence – s’est imposée de manière significative. Plus encore, ces expériences seront mises en dialogue avec un·e auteur·ice permettant de problématiser les liens entre sensible et politique en éducation. Les participant·es au séminaire seront par la suite invité·es à nourrir deux axes de réflexion. Quels rôles accorder au sensible dans la perspective d’une éducation au politique ? Quelles stratégies pédagogiques concevoir et mobiliser pour développer ce lien en éducation formelle et non formelle, auprès de divers publics ?
12h45 – Pause dîner
14h00 – Table ronde L’éducation au politique face aux réalités du monde numérique
Mathieu Bégin, professeur à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke
Jonathan Durand-Folco, professeur à l’École d’innovation sociale de l’Université Saint-Paul
Martin Deron, doctorant à l’Université de Concordia et responsable du Défi numérique de Chemins de transition, à l’Université de Montréal.
Animée par Sylvie Jochems, professeure à l’École de travail social de l’UQAM, chercheure régulière au Centr’ERE
Résumé de la table ronde
Face aux profondes mutations de nos modes de vie, le domaine de l’éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté (ERE) ne peut faire l’économie d’une réflexion sur les réalités du monde numérique. En effet, l’ERE accompagne les personnes et les groupes sociaux dans le développement de savoir-agir, mais également de réels pouvoir-agir pour le déploiement de ce que Dardot et Laval (2015) appellent les « communs ». Elle se préoccupe du réseau de relations que les personnes et les sociétés entretiennent avec leur environnement qui, par ailleurs, ne sont pas étrangères aux relations humaines elles-mêmes. L’environnement étant un commun par excellence, la transformation des relations humaines et celle de nos rapports personnels et collectifs à l’environnement par les technologies numériques interpelle ici la dimension politique de l’ERE.
16h00 – Pause
16h15 – Discussions croisées autour des présentations et des échanges de la journée. Animées par Lucie Sauvé, professeure émérite au département de didactique, à l’UQAM
18h00 – Événement spécial de la Coalition Environnement – Éducation – Écocitoyenneté : Quelle éducation pour quel monde ? Panel militant
Amélie Beaulé, militante à Rage Climatique
Éloïse Cauchy-Vaillancourt, membre de l’Écothèque
Madeleine Patenaude, membre de Debout pour l’École!
Animé par Hugue Asselin.
Mardi le 10 juin 2025
8h30 – Accueil des participant·e·s
Café, thé et viennoiseries
9h00 – Mot de bienvenue
Laurence Brière, professeure au département de didactique de l’UQAM et directrice du Centr’ERE
9h05 – Éditorial Les finalités et les formes d’engagement pédagogique dans la transition écologique
Benoît Urgelli, maître de conférences en sciences de l’éducation et de la formation à l’Université Lumière Lyon 2, chercheur associé au Centr’ERE
Résumé de l’éditorial
Parmi les mouvements de résistance pédagogique qui se structurent à l’échelle internationale, ceux des pédagogies sociales et critiques, à visée transformatives et inclusives, retiennent notre attention. Ils portent l’espoir de changements sociaux radicaux et démocratiques, mais se heurtent aux obstacles d’une forme scolaire ancrée plus ou moins consciemment dans des pratiques conservatives. En s’interrogeant sur la diversité des postures qui accompagnent les pratiques pédagogiques, et à travers l’exemple de l’éducation aux changements climatiques en Italie, en Grande Bretagne et dans certains pays francophones, il est possible de proposer un ensemble de balises pédagogiques dont l’articulation pourrait constituer, à minima, un parcours d’éducation à l’engagement éthique et responsable pour la transition écologique. Ce parcours nécessite cependant de s’accorder sur les nuances entre activisme et militantisme pédagogique, et sur les risques éducatifs qui les accompagnent, entre éducation au politique et éducation politique.
9h45 – Séminaire : L’éducation au politique en Abya Yala
Romeo Gongora, professeur à l’École des arts et médiatiques
Gina Thésée, professeure au département de didactique de l’UQAM, chercheure régulière au Centr’ERE
Marie-Michèle Voyer, auxiliaire de recherche au Centr’ERE.
Résumé du séminaire
Abya Yala désigne le territoire sur lequel nous nous trouvons ici même, en présence, à Tiohtià:ke (Montréal) en territoire Kanien’kehá:ka (Mohawk). Abya Yala est le nom de cette partie du monde, ce continent, qui lui est donné par les représentants des Peuples autochtones réunis en 1992 à l’occasion du 500e anniversaire de l’arrivée des Européens qui ont colonisé ce territoire. Abya Yala est le nom donné à leur Terre ancestrale par le Peuple autochtone « Kuna », de l’actuel Panama, reconnu pour sa grande combativité. Abya Yala veut dire : « Terre de vie », « Terre de pleine maturité », et où Nature et Culture se conjuguent. À partir de leur perspective décoloniale, il n’est donc plus question d’« Amériques » (le nom colonial de ce continent), pas plus qu’il n’est question de « découverte » ou d’« Indiens », et encore moins, de « découverte des Indiens d’Amériques ».
En ce sens, le titre « Éducation au politique en Abya Yala » pose, d’emblée, le contexte « abya yalien » et la perspective décoloniale de notre dialogue sur l’éducation au politique. Une question se pose alors: une éducation au politique en Abya Yala est-elle possible en dehors des perspectives décoloniales? Notre prémisse est la suivante : en Abya Yala, du Sud au Nord, en passant par le Centre, une éducation au politique est ou devrait être de facto décoloniale.
Dans cet échange, nous esquisserons une éducation au politique à partir de trois perspectives décoloniales en Abya Yala : i) les arts décoloniaux en mouvements sociaux; ii) une rencontre sensible entre une personne allochtone et une communauté autochtone; iii) le marronnage des personnes mises en esclavage. La convergence de ces trois chemins décoloniaux nous amène, à un carrefour, à une éducation au politique (EAP) dont les dimensions se déclinent ainsi : une EAP à propos de l’environnement (connaissances sur l’environnement), une EAP relative à l’environnement (rapports à l’environnement), une EAP par l’environnement (l’environnement comme moyen) et une EAP pour l’environnement (l’environnement comme finalité).
11h15 – Pause
11h30 – Table ronde (à distance) : Défis politiques contemporains d’une éducation à l’écocitoyenneté en milieux scolaires
Céline Chauvigné, professeure des universités en Sciences de l’Éducation et de la formation à l’Université de Nantes
Lucie Sauvé, professeure émérite au département de didactique de l’UQAM
Geneviève Therriault, professeure en sciences de l’éducation à l’UQAR
Animée par Benoît Urgelli, maître de conférences en sciences de l’éducation et de la formation à l’Université Lumière Lyon 2, chercheur associé au Centr’ERE et David Rousseau, enseignant au Collège Jean-Eudes
Résumé de la table ronde
Cette table ronde se déroulera en trois temps durant lesquels nous inviterons nos panélistes à s’exprimer à tour de rôle, avant de mettre leurs réflexions et propositions en débat. Après avoir exploré leurs conceptions de l’écocitoyenneté et de ses finalités socio-éducatives, nous échangerons sur les défis politiques contemporains à relever, de l’échelle locale à l’échelle globale, de l’individu en classe au citoyen de notre planète. Le dernier temps permettra de s’interroger sur les moyens qui pourraient permettre de relever ces défis politiques. Les vingt dernières minutes nous permettront d’ouvrir les échanges avec les membres de l’assistance.
13h00 – Dîner
14h00 –Table ronde : Repenser le politique avec les éthiques et les pratiques du care dans l’intervention éducative et écosociale
Clément Barniaudy, maître de conférences en géographie à l’Université de Montpellier,
Audrey Dahl, professeure au département d’éducation et formation spécialisées de l’UQAM
Emmanuelle Larocque, professeure au département de travail social de l’UQO
Dalie Lauzon-Vallières, co-fondatrice de l’association du Réseau Demain le Québec
Animée par Laurence Brière, professeure au département de didactique de l’UQAM, directrice du Centr’ERE et Carine Villemagne, professeure au département d’études sur l’adaptation scolaire et sociale, chercheure au Centr’ERE
Résumé de la table ronde
Ces dernières années, plusieurs mouvements sociaux, dont des mouvements écologistes, se sont tournés vers les éthiques et les pratiques du care, pour repenser le rapport au monde, le sens de l’engagement et les pratiques militantes. Les dimensions politiques du «prendre soin» se sont dès lors vues mises au jour, revendiquées et vécues de nouvelles manières. D’autres rapports au territoire et à l’ensemble du vivant continuent de s’inventer dans la foulée, soutenant les perspectives de transformation écosociale portées par ces mouvements. En quoi ce courant du care vient-il nourrir l’intervention éducative et écosociale? Comment soutenir la vivacité de cet engouement pour le care dans le contexte sociopolitique actuel? Que peut le care face aux rapports politiques délétères et aux systèmes de valeurs qui émergent ou se renforcent via les nouveaux espaces numériques?
15h45 – Pause
16h00 – Performance artistique par Josée Courtemanche
16h30 – Discussions intégratives
Animées par Laurence Brière et Mélanie Champoux, professeures au département de didactique de l’UQAM et Hugue Asselin, coordonnateur au Centr’ERE.
17h00 à 19h00 – Au Poincaré
























