Territoire et territorialité : quelles « prises » pour l’ERE?

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Territoire et territorialité : quelles « prises » pour l’ERE?
Jérôme Lafitte, doctorant, Université du Québec à Montréal et Université Toulouse 2 – Le Mirail

Résumé

Le concept de territoire est employé dans une grande diversité de domaines scientifiques, tout comme il se retrouve dans le langage courant. Toute entreprise de définition trop restrictive se retrouve ainsi en porte-à-faux par rapport à l’ensemble des définitions existantes (Derbarbieux, 2003). En matière de « territoire », une attention particulière doit être portée entre autres à la tension entre empirie et théorie (Ferrier, 2003). En géographie, les usages de ce concept ont fait l’objet de nombreuses critiques qui ont contribué à une vaste reconstruction théorique ouvrant sur des propositions stimulantes (Gregory, Johnston, Pratt, Watts, et Whatmore, 2009; Lévy et Lussault, 2013). Dans l’enseignement de la géographie scolaire française toutefois,, les propositions critiques et déjà anciennes de Denis Retaillé (1996, 2005, 2006) et de Jacques Lévy (1999) ne semblent pas avoir porté comme ce fut le cas pour la géographie universitaire (Lévy et Lussault, 2013; Lévy, 1993). La crise et les questions environnementales, par leur relation aux territoires de vie contribuent à la mobilisation actuelle d’un tel concept, notamment en France (Bertrand et Bertrand, 2002; Métailié et Bertrand, 2006, p. 110; Veyret, 2007, p. 348-349). La recherche en éducation relative à l’environnement étudie la relation identitaire que les acteurs tissent avec leur milieu de vie. La notion de territorialité s’avère alors utile pour penser la relation au territoire. Celle-ci se manifeste sous forme d’identité territoriale, largement travaillée par le politique, sans pour autant s’y réduire (Di Méo, 2003). L’approche critique de l’éducation relative à l’environnement peut ici trouver des « prises » pour mieux appréhender la façon dont se construit et circule la légitimité du discours politique qui s’appuie sur un vécu territorial multidimensionnel (Gregory et al., 2009, p. 746-747; Raffestin, 1980, 1986). Or, de nos jours, la relation à l’environnement est de plus en plus mobilisée dans la construction des identités territoriales. Comment la construction d’un projet d’éducation relative à l’environnement ou la mise en œuvre d’une action écocitoyenne, interrogent-ils les limites des découpages territoriaux et leurs identités territoriales normatives ?
Bibliographie commentée (PDF)