Séminaire Peuples autochtones, extractivisme et conflits socioécologiques au Québec : apprentissages et territoires sous tension | 12 octobre 2022




Mercredi 12 octobre 2022 de 9h30 à 12h
En ligne, sur Zoom

Ce séminaire se proposait de mettre en commun les enjeux et les défis de situations de conflits socioécologiques associés à l’expansion de projet extractifs qui affectent les territoires autochtones au Québec. Nos recherches nous ont permis de repérer une douzaine de ces cas qui touchent diverses communautés des Nations Anishnabe, Innu, Crie, Mi’gmaq et Atikamekw. Il s’agissait également de mettre en évidence les diverses pratiques et mobilisations sociales en défense des droits, de valoriser les chantiers d’apprentissage collectif qui se bâtissent au sein des processus de défense territoriale et de contribuer à identifier les perspectives d’avenir. L’événement a permis aussi de souligner le rôle crucial, souvent méconnu et ignoré, que jouent les femmes autochtones dans ces processus. 

Le date du 12 octobre, dite Journée de découverte des Amériques, est symboliquement reconnue comme la Journée de la résistance autochtone en commémoration des luttes des Premiers Peuples menées depuis 530 ans contre les colonisateurs. Cet évènement s’est joint à la mouvance pour une écocitoyenneté engagée visant à faire face à la vague actuelle de colonisation des territoires par l’industrie extractive. 

Ce séminaire s’inscrivait dans le cadre des Journées de l’éducation relative à l’environnement 2022 et plus spécifiquement, au sein des activités du projet Resistaction – Les dimensions critique et politique de l’éducation relative à l’environnement en contexte de conflit socioécologique et leur apport à l’émergence d’alternatives, qui se penche sur ces réalités au Québec et au Chili. 

Avec la participation de : 

Denise Jourdain, communauté d’Uashat mak Mani-utenam
Réal Junior Leblanc, communauté d’Uashat mak Mani-utenam
Valérie Ivy Hamelin, communauté Mi’gmaq de Gespeg
Daviken Studnicki-Gizbert, Département d’histoire et d’études classiquesMcGill University
Adrienne Jérôme, communauté Anishinabe du Lac Simon
Isabel Orellana et Andrés Larrea, CentrERE, Université du Québec à Montréal

Animation : Emanuelle Dufour, anthropologue et bédéiste, docteure en éducation par les arts de l’Université Concordia

Visionner le séminaire

Table ronde Éducation, environnement et territoires : perspectives autochtones et décolonisation des savoirs | 12 octobre 2023



Jeudi 12 octobre 2023 de 13h30 à 16h00
À la Didacthèque de la Bibliothèque des sciences de l’éducation, W-1011
Et à distance, sur Zoom : https://uqam.zoom.us/j/81137005494
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Affiche [JPG]

Cette table ronde se propose de contribuer aux réflexions concernant les défis éducatifs contemporains face à la situation socio-écologique critique dont de changement climatique, de dépossession territoriale et d’injustice environnementale accrue qui s’y associe, à partir de regards autochtones. Il s’agit de participer au déploiement d’efforts éducatifs qui s’inspirent de visions ancrées dans une écologie du vivant, dans les principes d’une éthique de la vie issus des savoirs autochtones. La table ronde se tiendra le 12 octobre que l’on reconnaît de plus en plus comme la Journée de la résistance autochtone, en commémoration des luttes des Premiers Peuples menées depuis 531 ans contre la colonisation.

À travers l’apport des différentes personnes invitées, cette table ronde se propose d’explorer cette thématique à partir des questions suivantes qui guideront les échanges : Comment l’éducation relative à l’environnement est abordée en éducation autochtone ? Quelle pourrait être la contribution d’une décolonisation des savoirs pour faire face aux défis éducatifs de la crise socio-écologique actuelle ? Comment est-ce que les savoirs autochtones sont informés par une relation avec le territoire ? Et finalement, comment est-ce que le milieu communautaire autochtone, de l’éducation et de la recherche peuvent collaborer pour repenser et rebâtir les relations société-nature ?

Cette activité est organisée en partenariat par le Centr’ERE et la Chaire réseau de recherche sur la jeunesse du Québec, volet autochtone.

Mots d’ouverture

Joséphine Bacon, poétesse, parolière et enseignante Innue, originaire de la communauté de Pessamit, aînée en résidence à l’UQAM

Panélistes

Laurent Jérôme, professeur, Département des sciences des religions, directeur de l’Équipe de recherche sur les cosmopolitiques autochtones (ERCA), Université du Québec à Montréal
Diane Campeau, professeure, Faculté d’éducation, Université d’Ottawa
Virginie Boelen, professeure associée, Département de didactique, membre du Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement, Université du Québec à Montréal
Carole Bérubé Therrien, chargée de projet, Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec
Janis Ottawa, consultante Linguistique Atikamekw à Kiuna 
Katsitonsariio (Stuart) Myiow, représentant et porte-parole du Conseil Traditionnel Kanyen’kehà:ka et Edith Mora Castelan, animatrice et traductrice à la Maison Longue de Kahnawake

Animation: Natasha Blanchet-Cohen, professeure, Département des sciences humaines appliquées, Concordia University, titulaire du volet autochtone de la Chaire-réseau de recherche sur la jeunesse du Québec.

Séminaire L’éducation au politique en Abya Yala | 10 juin 2025

Les 09 et 10 juin 2025, le Centr’ERE organisait les Journées d’étude Repenser les dimensions politiques de l’éducation relative à l’environnement dans le contexte socio-écologique contemporain.

Le séminaire L’éducation au politique en Abya Yala réunissait :
-Roméo Gongora, professeur à l’Ecole des arts visuels et médiatiques
-Gina Thésée, professeure au département de didactique de l’UQAM, chercheure régulière au Centr’ERE
-Marie-Michèle Voyer, auxiliaire de recherche au Centr’ERE.

Résumé : Abya Yala désigne le territoire sur lequel nous nous trouvons ici même, en présence, à Tiohtià:ke (Montréal) en territoire Kanien’kehá:ka (Mohawk). Abya Yala est le nom de cette partie du monde, ce continent, qui lui est donné par les représentants des Peuples autochtones réunis en 1992 à l’occasion du 500e anniversaire de l’arrivée des Européens qui ont colonisé ce territoire. Abya Yala est le nom donné à leur Terre ancestrale par le Peuple autochtone « Kuna », de l’actuel Panama, reconnu pour sa grande combativité. Abya Yala veut dire : « Terre de vie », « Terre de pleine maturité », et où Nature et Culture se conjuguent. À partir de leur perspective décoloniale, il n’est donc plus question d’« Amériques » (le nom colonial de ce continent), pas plus qu’il n’est question de « découverte » ou d’« Indiens », et encore moins, de « découverte des Indiens d’Amériques ».

En ce sens, le titre « Éducation au politique en Abya Yala » pose, d’emblée, le contexte « abya yalien » et la perspective décoloniale de notre dialogue sur l’éducation au politique. Une question se pose alors: une éducation au politique en Abya Yala est-elle possible en dehors des perspectives décoloniales? Notre prémisse est la suivante : en Abya Yala, du Sud au Nord, en passant par le Centre, une éducation au politique est ou devrait être de facto décoloniale.

Dans cet échange, nous esquisserons une éducation au politique à partir de trois perspectives décoloniales en Abya Yala : i) les arts décoloniaux en mouvements sociaux; ii) une rencontre sensible entre une personne allochtone et une communauté autochtone; iii) le marronnage des personnes mises en esclavage. La convergence de ces trois chemins décoloniaux nous amène, à un carrefour, à une éducation au politique (EAP) dont les dimensions se déclinent ainsi : une EAP à propos de l’environnement (connaissances sur l’environnement), une EAP relative à l’environnement (rapports à l’environnement), une EAP par l’environnement (l’environnement comme moyen) et une EAP pour l’environnement (l’environnement comme finalité).

Engagement de la Jeunesse autochtone féminine dans une perspective de justice sociale et environnementale à travers une démarche théâtrale | Conférence publique | 27 mars 2024

Nous avons eu le plaisir d’accueillir Patricia-Anne Blanchet, conseillère en pédagogie autochtone, doctorante et chargée de cours à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke, dans le cadre d’une conférence publique.

Visionner la conférence

L’expression artistique, plus précisément le théâtre social, apparait comme un moyen radicalement pacifique d’affirmer la souveraineté narrative de la jeunesse autochtone féminine. Cette approche offre des conditions propices pour dénoncer, dans une perspective écoféministe, les forces d’oppression coloniales que subissent les femmes autochtones et qui affectent les territoires. Ces productions théâtrales se déploient à travers une démarche de création collective basée sur la théâtralisation de récits de vie. Elles puisent aux racines de l’identité culturelle des femmes autochtones, participant à la coconstruction d’une écodramaturgie du mythe porteuse d’une esthétique du sacré. L’analyse d’un modèle pédagogique de création holistique inspiré des principes en pédagogie autochtone et d’approches narratives décoloniales permettra d’illustrer cette thématique.

Patricia-Anne Blanchet est conseillère en pédagogie autochtone à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke. Elle y coordonne le comité M8wwa ᒪᒧ mamu qui œuvre, avec de nombreux partenaires autochtones, à la sensibilisation de la communauté universitaire ainsi qu’à l’inclusion des perspectives autochtones dans la formation à l’enseignement. Chargée de cours, doctorante et artiste-pédagogue, elle est membre du Centre de recherche collaborative autochtone – Atalwijokadimek de l’UdeS. Ses intérêts de recherche portent sur l’éducation artistique et l’oralité en contexte autochtone. Dans une posture d’humilité culturelle, Patricia-Anne agit également comme consultante et conceptrice pédagogique pour diverses organisations autochtones (La Boîte rouge vif, Centre des Premières Nations Nikanite, Regroupement des Centres d’amitié autochtones du Québec, etc.).  

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Promenade avec Jocelyn Sioui : un regard autochtone sur le Mont Royal | 90e Congrès de l’Acfas | 8 mai 2023

Dans le cadre du 90e Congrès de l’Acfas, Les Amis de la montagne en collaboration avec le Centr’ERE dans le cadre du projet Paroles de paysages avec le soutien de la Ville de Montréal et du ministère de la Culture et des Communications du Québec, ont organisé un événement déambulatoire sur le mont Royal.

Promenade avec Jocelyn Sioui : un regard autochtone sur le Mont Royal

Lundi 8 mai 2023, de 17h45 à 20h00
Uniquement sur place
Lieu : Place publique (Laurentienne) de l’Université de Montréal, Pavillon Jean Brillant, 3 200, rue Jean-Brillant, Montréal

Le mont Royal a une haute valeur symbolique, écologique et identitaire. Les Montréalais·e·s l’affectionnent chacun à leur manière, et l’éducation relative à l’environnement explore notamment les savoirs qui se construisent au sein de ces rapports expérientiels et culturels au lieu et aux paysages. Les spécialistes du domaine tendent à privilégier les dynamiques de collaboration avec les milieux de pratique et souhaitent en particulier ouvrir des espaces de rencontre avec des membres des Premières Nations. Cet événement grand public invite à une réflexion sensible et plurielle sur le rapport à la montagne. Depuis un regard autochtone, Jocelyn Sioui, marionnettiste, comédien et auteur, vous propose de découvrir le flanc du mont Royal et le parc Tiohtià:ke Otsira’kéhne à travers l’univers du conte.

Départ à 17 h 45 de la Place publique (Laurentienne) de l’Université de Montréal, et marche jusqu’à l’entrée du parc au sud du pavillon de Polytechnique.

Inscription gratuite et obligatoire

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Visiter le site de l’Acfas pour tous les détails, informations utiles, activités gratuites, etc.

Éducation au sein d’un mouvement écocitoyen alliant Premiers Peuples et allochtones : La Grande Marche pour la protection des forêts | Midi-étudiant | 16 février 2023

Alexis Legault, Maîtrise en éducation de l’Université de Sherbrooke sous la direction d’Adolfo Agundez-Rodriguez, professeur adjoint à la Faculté d’éducation de l’Université de Sherbrooke et chercheur régulier au Centr’ERE.

Visionner l’enregistrement de la présentation

RÉSUMÉ

La protection du territoire constitue un lieu de convergence important entre les Premiers Peuples et les mouvements écologistes majoritairement allochtones. À travers le Canada, des groupes autochtones sont impliqués dans une large proportion des luttes environnementales menées depuis une centaine d’années. Le Québec représente d’ailleurs l’une des provinces où ces conflits environnementaux sont le plus fréquemment survenus depuis le début du 20e siècle.

Au Québec, la Grande Marche pour la protection des forêts représente un exemple actuel d’un mouvement environnemental orienté vers la protection du territoire qui implique une collaboration entre les Premiers Peuples et divers groupes allochtones. Ce mouvement a notamment permis d’unir le milieu scolaire, des communautés autochtones, des membres du milieu artistique, des ONG environnementales et des groupes écocitoyens autour d’une marche d’une quarantaine de jours, s’étendant de Ripon, en Outaouais, jusqu’à Québec. L’une des principales revendications de ce mouvement aura été la mise en œuvre de dizaines de projets d’aires protégées au sud de la province.

Dans un contexte où de nombreux appels à une éducation à l’écocitoyenneté de qualité se font pourtant entendre depuis des années, il semble que plusieurs obstacles rendent toujours cette tâche particulièrement complexe pour un milieu scolaire aux ressources limitées. Constater l’isolement des écoles québécoises dans ce mandat d’éducation à l’écocitoyenneté encourage à l’observation des pratiques de collaborations et des apprentissages générés par des mouvements environnementaux comme celui de la Grande Marche pour la protection des forêts. En se penchant sur les embuches et les réussites vécues par des initiatives comme celles-ci, cela pourrait conduire à repenser le rôle éducatif des mouvements environnementaux au Québec, mais aussi à revisiter la pertinence d’établir des liens entre l’école et les mouvements sociaux qui traversent la société.

Informations : ere@uqam.ca

Détails de l’événement

Décoloniser la colère : sa valeur et sa teneur épistémologiques en éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté | Conférence publique | 5 mai 2022

Dans le cadre du Cycle de conférences 2022-2023 du Centr’ERE, nous avons eu le plaisir d’accueillir Gina Thésée, professeure titulaire au Département de didactique de l’Université du Québec à Montréal, co-titulaire de la Chaire UNESCO en démocratie, citoyenneté mondiale et éducation transformatoire (CU-DCMÉT) et chercheuse régulière du Centr’ERE.

Visionner l’enregistrement de la conférence

Résumé

Une relecture de la « Pédagogie des opprimés » de Paulo Freire nous a amenée à mettre en évidence la colère sous-jacente à sa pensée socioéducative. La colère, surtout celle des oppriméEs, n’est pas bienvenue et est, explicitement, réprimée. À l’opposé, la colère des oppresseurEs est accueillie comme l’affirmation d’un leadership pleinement assumé et est, implicitement, encouragée. Inspirée de la colonialité du pouvoir, d’Anibal Quijano, une théorie des rapports sociaux de domination (classisme, extractivisme, racisme, sexisme), notre prémisse pose la colonialité des émotions, notamment, la colère. Par ailleurs, Audre Lorde aborde la colère comme une source puissante d’énergie vitale, d’information et d’« empowerment », d’une part, à utiliser en réponse aux systèmes d’oppression interreliés, et d’autre part, à mettre à contribution pour les transformations sociales et l’émancipation des personnes. Cependant, face à la peur de la colère et au silence sur sa valeur et sa teneur épistémologiques, comment considérer la colère comme un ressort nécessaire en éducation, et en éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté? Pour explorer cette question, nous croisons les cadres de référence de Freire, de Quijano et de Lorde pour mieux déconstruire les dynamiques de colonisation de la colère, et proposer des principes de sa décolonisation.

Mots-clés :

Colère; Paulo Freire; OppriméEs; Anibal Quijano; Colonialité; Audre Lorde; Transformations sociales et émancipation; Décolonisation; Éducation relative à l’environnement et à l’écocitoyenneté.

Gina Thésée est professeure titulaire à la Faculté des sciences de l’éducation de l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Elle est co-titulaire de la Chaire UNESCO en « Démocratie, Citoyenneté Mondiale et Éducation Transformatoire » (DCMÉT). Elle est chercheure au Centre de recherche en éducation et formation relatives à l’environnement et à l’écocitoyenneté (Centr’ERE) et membre du Conseil de l’Institut de recherche en études féministes (IREF). Elle enseigne dans les programmes de formation des enseignantEs du secondaire. Ses intérêts de recherche ont trait à l’éducation tranformatoire et émancipatoire en contextes de vulnérabilités multiples, à partir de perspectives écosociocritiques (féminisme, antiracisme, décolonialisme, environnementalisme). Elle a de nombreuses publications et donne des conférences et ateliers aux échelles locale, nationale et internationale. Avant sa carrière universitaire, elle fut enseignante des sciences au secondaire à Montréal. En 2006, elle fut l’une des LauréatEs du Mois de l’Histoire des NoirEs de la Ville de Montréal.

Consultez le site de la Chaire UNESCO DCMÉT

Informations : ere@uqam.ca

Détails de l’événement